troubles

Un module de formation innovant : pour une meilleure prise en charge des troubles psychiques et traumatiques des réfugiés et demandeurs d’asile accueillis dans les institutions françaises et catalanes.

Cette activité – une enquête de recueil de données par observation et entretiens sur le terrain des institutions accueillants des migrants et demandeurs d’asile – vise à apporter un éclairage compréhensif sur ce qui a valeur d’inconnue, à savoir les formes d’accompagnement et de prises en charge des migrants en situation de vulnérabilité psychique accueillis de l’autre côté de la crête frontière. En effet, malgré la proximité géographique et culturelle entre la France et la Catalogne ; outre le fait que ces territoires soient traversés par l’une des principales veines de la remontée des Suds vers l’Europe (Tarrius, 2007), les connexions sont rares – pour ne pas dire souvent inexistantes – entre dispositifs d’accueil français et ibériques.

Les données recueillies dans le cadre d’une première prospection auprès professionnels de structures d’accueil en Ariège (Pamiers) et à Gérone (Catalogne) confirment non seulement une absence de contacts mais également un défaut de connaissances des contextes, structures et modalités d’interventions auprès des migrants dans le territoire contigu. En repérant ici et là-bas la place accordée au trouble psychique et traumatique dans l’institution et à son traitement, il s’agira d’établir un état des lieux de l’existant en mobilisant la perspective comparatiste autour d’un certain nombre de thèmes significatifs  comme l’intérêt porté à la question dans les structures. Comment se traduit-il ? Peut-on le mesurer  à travers, par exemple, des références à un corpus spécifique ou encore à une autorité locale, nationale ou internationale ? Comment les professionnels sont-ils sensibilisés à la question ? Par quel biais ? (rencontres, formations, lectures…)

Cette première interrogation ouvre sur la question des savoirs cliniques et thérapeutiques utilisées dans l’institution. Dans un contexte de généralisation des approches anglo-saxonnes du type DSMV ou de l’evidence based psychiatry, quels sont les outils diagnostiques et thérapeutiques rencontrés – psychothérapies, traitements médicamenteux, modèle interculturel, systémique ou psychanalytique… Se réfère-t-on à des approches spécifiques à l’instar des modèles d’interventions héritées de l’ethnopsychiatrie de Georges Devereux (Devereux, 1971) : ethnopsychiatries à la Tobie Nathan (Nathan, 1986) ou psychiatrie transculturelle développée par Marie Rose Moro et son équipe (Moro et alii, 2004), Expérimente-t-on éventuellement des formes d’innovation ou d’hybridation ?

La référence à un modèle d’intervention historiquement rattaché à la France et pour être plus précis, à sa capitale* amène également à considérer la question de l’influence des traditions nationales et locale – en particulier la culture du « lieu » – sur les prises en charges à l’instar de la psychanalyse en France ou du rôle de l’Eglise catholique en Espagne. Quelles sont ces influences indexées à un territoire et à une histoire et comment imprègnent-elle les pratiques actuelles ?

D’autres thèmes sont appelés à constituer matière à comparaison à l’instar des valeurs soutenant la pratique, des formes et des orientations respectives du travail en équipe et en réseau, du recours à l’interprétariat ou encore de la formation des personnels.

A terme, l’enquête de terrain doit permettre de déboucher sur un certain nombre des préconisations et de propositions de bonnes pratiques sur les thèmes comparés afin d’améliorer le repérage et la prise en charge des troubles psychiques des migrants mais aussi mieux humaniser l’institution aux différents stades de l’accompagnement. Pour valider les constats, signalons encore que la pertinence de l’action proposée trouve un écho supplémentaire dans une actualité des migrations particulièrement chargée.

 

Objectifs de l’activité


 

1. La mise en place d’un réseau durable entre structures françaises et catalanes ;

2. Les données produites dans cette enquête (constats, préconisations, propositions de bonnes pratiques…) sont appelées à être valorisées dans le champ de la formation en travail social sous la forme d’une mutualisation des connaissances entre les deux versants des Pyrénées en formation continue, d’une part, et en formation initiale à travers un projet de co-diplomation franco-catalane.

3. Les résultats de l’enquête seront également diffusés sous forme de publications et de séminaires en vue de contribuer, dans une perspective transfrontalière, à l’amélioration qualitative de l’accueil en institution aux différents stades de l’accompagnement global (qualité de l’accueil, gestion du quotidien, anticipation de la sortie et de ses conséquences etc…) et de l’accompagnement à la santé somatique et psychique.

 

* L’hôpital Avicenne de Bobigny et le Centre Georges Devereux à Paris sont des lieux qui restent étroitement liés à l’histoire des ethnopsychiatries.

 

L’équipe dédiée à l’activité « Troubles traumatiques et psychiques des réfugiés demandeurs d’asile »


 

 

Porteur d’activité : Slimane TOUHAMI – CRFMS ERASME

L’équipe de l’activité : Slimane TOUHAMI (CRFMS ERASME), Henri SANTIAGO SANZ (CRFMS ERASME), Violeta QUIROGA (Université de Barcelone),  Dolors JUVINYA (Université de Gérone) et le Consell Comarcal de l’Alt Empordà